« Si l’Afrique veut prendre le contrôle de son destin, elle doit financer ses institutions » (CEA)

Economie | Publié le Jeudi 04 Janvier 2018 à 09:43:24 | |
 
« Si l’Afrique veut prendre le contrôle de son destin, elle doit financer ses institutions » (CEA)

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique, Vera Songwe, la secrétaire générale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) estime que tant que le continent ne sera pas économiquement indépendant, il ne pourra que se plier aux desiderata des autres, ses financiers.

 

 

Abordant la question de la réforme de l’Union africaine (UA) à laquelle elle travaille avec 8 autres experts depuis 2016, Vera Songwe a révélé que « cela fait une éternité qu’un changement profond est espéré. Si l’Afrique veut prendre le contrôle de son destin, elle doit financer ses institutions. C’est tout l’objet de cette réforme, qui, une fois adoptée, permettra à l’UA de prendre les décisions qui la concernent en toute indépendance. Et de tenir toute la place qui lui revient dans les grandes instances internationales ».

Pour cette afro-optimiste, anciennement  premier responsable du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale de la Société financière internationale (IFC), l’indépendance économique est possible et ce n’est qu’une question de temps.

« Il faut arrêter de parler de malédiction et nous concentrer sur les problèmes structurels de nos économies (...) Le continent prend plus de poids sur la scène internationale. Sa part dans l’économie mondiale reste modeste, de l’ordre de 5 %, mais elle ne cesse d’augmenter. L’Afrique a son avenir devant elle. D’ici à 2050, sa population comptera 450 millions de jeunes supplémentaires âgés de 15 à 24 ans, contre 50 millions aux États-Unis et 40 millions en Europe », affirme-t-elle.

« C’est donc l’Afrique et l’Asie qui, pour des raisons démographiques, vont tirer la croissance de l’économie mondiale. Cette jeunesse africaine va prendre toute sa place dans des industries qui ne sont plus nationales mais globales. Il y va de l’intérêt même des pays occidentaux. Ce sont les travailleurs d’autres pays qui contribueront à leurs systèmes de retraite et de protection sociale. Même si les tensions migratoires entre les pays du Nord et ceux du Sud ont encore tristement fait l’actualité de ces douze derniers mois », poursuit la présidente de la CEA.

L’émergence de l’Afrique peut donc être plus qu’un slogan politique, à condition que tous y travaillent. A la fois les populations (à majorité jeune), le secteur privé et le secteur public.

 

 

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