A la découverte des PCJ, “boosters’’ d’économie made in UEMOA

Economie | Publié le Mercredi 31 Mai 2017 à 11:02:21 | |
 

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A la découverte des PCJ, “boosters’’ d’économie made in UEMOA

En 2005, l’UEMOA décide de la construction de postes de contrôle juxtaposés (PCJ) aux frontières des Etats membres. L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la compétitivité des économies des Etats membres de la sous-région en rendant les échanges communautaires plus fluides lors de passage des frontières.

 

 

Au début des années 2000, l’UEMOA est face à un constat : au sein de son espace les contrôles aux frontières sont légion, les procédures et documents de transit complexes, les attentes aux frontières sont longues, la corruption et la fraude font rage. Naît donc une idée novatrice, celle des PCJ.

 

Objectifs spécifiques

L’union économique sous-régionale entend ainsi regrouper les services de contrôle des Etats frontaliers sur un même site, améliorer les conditions de travail des services de contrôle aux frontières, accélérer le contrôle aux frontières et réaliser des gains de temps, tout en réduisant la fraude, les perceptions illicites et les coûts de transport. L’UEMOA veut également par les PCJ, harmoniser et simplifier les procédures de contrôle aux frontières et permettre un meilleur suivi statistique.

 

Financement

Pour y parvenir, elle peut compter sur des fonds propres mais également sur l’appui de partenaires techniques et financiers dont la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds européen de développement (FED) et les opérateurs privés.

En novembre 2010, ouvre officiellement les postes de contrôle juxtaposés de Cinkansé, en territoire burkinabè à la frontière avec le Togo.

 

 

Il s’agit d’un projet pilote qui verra naître quelques années plus tard plusieurs autres à travers toute la sous-région. A ce jour, 7 sont déjà en activité ou en cours de réalisation. A terme, ce sont 19 PCJ qui devraient être créés dans tout l’espace UEMOA.

 

Organisation et fonctionnement

L’espace des PCJ est organisé en zones fonctionnelles ou d’activités. Trois (3) principales zones sont distinguées: la zone administrative ; la zone commune de contrôle et la zone d’opérations internes. Ces postes sont occupés par la douane et la police pour une opérationnalité accrue des services en vue de faciliter le trafic routier.

Les activités dans l’enceinte des PCJ couvrent l’administration, la gestion et l’exploitation des PCJ ; le contrôle frontalier ; les opérations de transport et de transit aux frontières notamment l’assistance au passage, la manutention, le magasinage, l’entreposage, la commission en douane, le transit. Dans les PCJ, il est aussi question de l’entretien et la maintenance des installations et équipements des PCJ, le logement et les facilités résidentielles ainsi que du maintien de l’ordre et de la sécurité.

D’autres activités peuvent être exceptionnellement développées dans l’enceinte des PCJ notamment l’exploitation de magasins et aires de dédouanement.

Les PCJ sont équipés au minimum :

- d’une station de contrôle de la charge à l’essieu et du poids des véhicules lourds de transport de marchandises, équipée d’un pèse essieu dynamique à basse vitesse;

- d’une station de contrôle des gabarits des véhicules routiers lourds de transport de marchandises.

En fonction du volume du trafic, les PCJ peuvent être équipés de scanner.

 

Difficile mise en service

Bien que certains PCJ soient construits depuis des années, ils ne sont pas tous en service. C’est le cas par exemple des Postes de contrôle juxtaposés de Noépé Akanu à la frontière Ghana-Togo. En cause, des difficultés qui tiennent pour l’essentiel en le manque d’engagement ferme des Etats, la non suppression des barrières non tarifaires de même que les faibles implication et adhésion de tous les acteurs y compris la société civile. Autres freins à la mise en service des PCJ, la persistance de la fraude, la difficile mise en application des textes communautaires par les Etats, une insuffisance de communication, d’information et de sensibilisation et des mesures d’accompagnement qui se font encore attendre. 

 

 

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