Samuel Mebiame ou le procès américain de la corruption africaine

Economie | Publié le Jeudi 01 Juin 2017 à 12:17:35 | |
 

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Samuel Mebiame ou le procès américain de la corruption africaine

Samuel Mebiame, exploitant minier et fils de l’ancien Premier ministre du Gabon Léon Mebiame (1975-1990), a été condamné mercredi 31 mai aux États-Unis à deux ans de prison ferme. Il était poursuivi pour des faits de corruption d’agents publics au Niger, en Guinée et au Tchad.  Une histoire qui a révélé un vaste réseau impliquant de hautes personnalités africaines.

 

 

Le verdict a finalement été clément pour l’homme d’affaires accusé de corruption en échange de l’obtention de concessions minières, en faveur du fonds américain Och-Ziff. Le procureur James Loonam avait en effet requis cinq ans d’emprisonnement.

Pour Me Éric Moutet, avocat de la défense, « le juge a pris la mesure d’un système de corruption plus vaste, dans lequel Samuel Mebiame n’était qu’un très modeste rouage, contrairement à ce que prétendait le procureur, qui le présentait à tort comme la tête de pont ». Il espère même voir son client sortir de prison dans « une dizaine de mois » au maximum, via le jeu des remises de peine.

 

Des personnalités africaines de la politique et du monde des affaires visées

C’est au Metropolitan Detention Center de Brooklyn que l’investisseur Franco-Gabonais devrait purger la totalité de sa peine. Arrêté le 18 août dernier à New York, Samuel Mebiame, 43 ans, a avoué être à l’origine du versement de quelque 100 millions de dollars (environ 50 milliards de francs CFA) de dessous de table sur le continent entre 2007 et 2011, via plusieurs intermédiaires. Il agissait au nom d’Africa Management Limited (AML), une société investissant dans les mines africaines et appartenant en partie à Och-Ziff.

Même si le dossier semble clos pour Mebiame, le procureur pourrait décider de poursuivre ses investigations, en se lançant à la poursuite d’autres intermédiaires du « réseau Och-Ziff ». Et des personnalités du monde politique africain ou du milieu des affaires, dont le président guinéen Alpha Condé ou l’homme d’affaires sud-africain Walter Hennig, pourraient à ce titre être concernées.

Mahmoud Thiam, ex-ministre guinéen des Mines sous Dadis Camara, cité pour corruption dans le même cadre, a lui, été reconnu coupable par la justice américaine. Il sera fixé sur son sort le 11 août prochain.

 

 

 

 

 

 

 

Avec Jeune Afrique

 

 

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