L'aquamation, nouvelle pratique funéraire

Insolite | Publié le Lundi 13 Novembre 2017 à 23:25:37 | |
 

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L'aquamation, nouvelle pratique funéraire

Inhumation ou crémation ? Et pourquoi pas aquamation ? Réputé plus écologique, ce procédé qui consiste à plonger le corps du défunt dans une solution alcaline, sera autorisé en Californie partir du 1er juillet 2020.

 

 

Que faire du corps après la mort ? La question, brutale, se pose à toutes les familles affectées par un décès. En France, la législation est claire : le défunt a le choix entre l’inhumation et la crémation. La loi du 15 novembre 1887 dispose que sa volonté doit être respectée. Encore faut-il qu’elle soit clairement exprimée. À défaut, c’est la personne "la mieux qualifiée" qui décide des modalités, précise une loi de 2007.

Ailleurs, dans le monde, les pratiques diffèrent. Passons sur la momification chère aux Égyptiens de l’Antiquité et sur les bûchers funéraires des hindouistes. Depuis 1999, la "promession", qualifiée par certains de "funérailles écologiques" se développe en Suède. Elle consiste à plonger le corps du défunt dans un bain d’azote liquide. Refroidi à -196 °C, le corps est ensuite placé sur une table vibrante. À l’issue du procédé, il se retrouve réduit à l’état de particules fines.

Un procédé breveté en 1888

La Californie vient, pour sa part, d’autoriser, à partir du 1er juillet 2020, l’aquamation (ici la loi, en anglais), une technique qui consiste à réduire le corps à ses composants organiques et minéraux par hydrolise alcaline. Le procédé n’est pas nouveau, puisque breveté en 1888. Mais il était surtout pratiqué jusqu’à ce jour pour éliminer les restes d’animaux d’abattoirs, puis ceux des animaux de compagnie. Son usage à but funéraire s’est récemment développé en Amérique du Nord et en Australie.

Le corps humain est pour l’essentiel composé d’eau : 78 % chez un bébé, 55 % pour une femme, 60 % pour un homme. Reste donc à dissoudre les protéines, la graisse et le sang. C’est la fonction de la solution alcaline, portée à 180 °C dans laquelle le corps doit être plongé pendant quelques heures. Durant ce laps de temps, le bac subit une pression de dix bars. À l’issue, il ne reste plus qu’un liquide saumâtre. Les os, quant à eux, sont réduits en poudre.

L’aquamation, comme la promession, est jugée plus écologique que la crémation : trois fois moins de gaz à effet de serre émis, dix fois moins d’énergie consommée, 160 fois moins de particules fines émises. Le procédé permettrait aussi de neutraliser les formaldéhydes. Le liquide final pourrait donc être déversé dans la nature sans danger. De là à dire, comme certains le prétendent, qu’il ferait un excellent engrais, il y a un pas.

 

 

 

 

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