« Mec, j’adore tes chaussures ! » Le bêtisier de Donald Trump en Orient

Politique | Publié le Samedi 27 Mai 2017 à 07:32:10 | |
 

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« Mec, j’adore tes chaussures ! » Le bêtisier de Donald Trump en Orient

Lors de son premier périple dans cette région, le président américain n'a pas pu s'empêcher quelques perles et écarts de langage. Florilège.

Du 20 au 26 mai, le nouveau président des États-Unis a effectué son premier déplacement à l’étranger, un grand périple autour de la Méditerranée : Riyad, Jérusalem, Bruxelles puis Taormina en Sicile pour assister aux travaux du G7. On a redouté les provocations, guetté la grosse bourde, peut-être même espéré quelques scandales. Las, l’imprévisible locataire de la Maison blanche s’est montré très politiquement correct. Mais le diable s’est tout de même invité dans quelques détails, faux-pas feutrés dans le voisinage de La Mecque, petites gaffes sous les coupoles de Jérusalem, menues maladresses au Vatican…

Oubliées la certitude de la haine musulmane et les critiques sur l’Arabie saoudite claironnées pendant sa campagne électorale. La grande allocution prononcée par l’Américain devant des dizaines de chefs d’État musulmans au sommet américano-arabo-islamique organisé le 21 mai à Riyad, en Arabie saoudite, aura été plutôt consensuelle et élogieuse pour l’hôte saoudien. Mais était-il pertinent d’en demander la rédaction à son conseiller Stephen Miller, obsédé par « l’islamofacsisme » et architecte du Muslim Ban, ce décret controversé interdisant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans?

Autre gaffe protocolaire, Steve Bannon, un islamophobe radical et militant élevé à la fonction de chef de la stratégie de Trump, était placé lors d’une réception à Riyad à côté du ministre saoudien des Affaires islamiques, ce dont il n’a pas manqué de se vanter sur Twitter.

Le style qui décoiffe

Bien que l’Arabie saoudite n’exige pas de ses invitées de marque qu’elle respectent l’obligation de se voiler les cheveux, nombre de médias se sont à nouveau enflammés devant le « manifeste de liberté » qu’aurait constitué l’apparition, en terre saoudienne, de Melania et Ivanka Trump, blondes chevelures au vent. Mais, plus loin au cours de cette tournée internationale, les mêmes femmes se couvraient respectueusement la tête d’une sombre mantille devant le pape, quand le Vatican a aboli il y a longtemps ce « dress code« . Selon l’interlocuteur et le degré d’obligation, le voile passerait-il de signe de soumission à marque de respect, et la chevelure, d’abord symbole de libération, se muerait-elle en toison d’indécence ?

Histoire-géo: notions à réviser

Certes, le discours du président américain à Riyad se voulait très politiquement correct. Mais Juan Cole, historien américain du Moyen-Orient, le taxe volontiers de « néo-orientaliste », relevant notamment l’éloge de l’Égypte pharaonique – « merveilles de Guizeh, Louxor et Alexandrie » -, la splendeur nabatéenne de Petra en Jordanie et l’Irak, « berceau des civilisations » : 13 siècles de civilisation islamique ont été oubliés, voire oblitérés. Un manque de tact certain face à sa prestigieuse audience musulmane. La géographie a aussi été malmenée, quand le président Trump, arrivant d’Arabie saoudite en Israël, a déclaré: « Nous revenons tout juste du Moyen-Orient ». La judéité d’Israël l’exclurait-elle de sa zone géographique dans l’esprit de l’Américain ?

Petits mots et menus gestes

Ravi que Donald Trump lui accorde la faveur d’un entretien, son soutien de la première heure, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, lui a fait un vibrant éloge en conclusion, alors que les journalistes étaient en train de plier bagages. Mais ceux-ci ont pu capter la réplique de Trump à la louange de son homologue : « Mec, j’adore tes chaussures ! ». Des manières de gentleman qu’il a fait de nouveau parler quelques jours plus tard, à l’occasion de la réunion de l’OTAN à Bruxelles. Alors que les dirigeants de l’alliance se dirigeaient vers le lieu de la photographie de groupe finale, le chef de la superpuissance a été filmé en train de fendre le groupe et d’écarter, sans ménagement, le Premier ministre du Monténégro pour pouvoir se placer au premier plan du cliché. « America first ! «

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