Alternace 2020: Faut-il craindre ou haïr Soro Guillaume?

Politique | Publié le Vendredi 23 Juin 2017 à 09:51:30 | |
 

BUZZ ACTU  

Alternace 2020: Faut-il craindre ou haïr Soro Guillaume?

Difficile de croire au moment où l’après-Alassane Ouattara est dans toutes les têtes et hante les politiques, expliquant aussi en grande partie la succession des malheurs de Guillaume Soro, que l’intervention dans JA du Président Bédié est un hasard de calendrier . C’est une prise de position inédite avec de nombreuses arrières-pensées politiques et électorales savamment distillées. Alors que tous les ivoiriens ne semblaient plus préoccupés que par l’affaire des caches d’armes et des conséquences possibles , avec son lot d’incertitudes,  sur la carrière politique jugée très prometteuse de Soro,  » le grand accusé  » , Bédié relègue ce débat au second plan en posant le problème de la succession de Ouattara qui suscite tant de convoitises et plonge le pays dans un clair-obscur funeste.

Le Président Bédié , avant tout, a voulu marquer son territoire et rappeler qu’il faudra encore compter avec lui aujourd’hui et demain. L’ avenir, c’est lui ! Pour cela, il a tenu à réaffirmer l’indépendance du PDCI dans l’alliance avec le RDR dans laquelle beaucoup lui ont reproché d’avoir perdu son âme et l’identité qui était la sienne. Il rappelle à ceux, nombreux qui en douteraient encore, que l’alternance après deux mandats passés au pouvoir par ADO est l’enjeu des prochains mois au sein du RHDP, un objectif clair qu’il pourrait partager et porter avec quelqu’un comme Soro. Aussi, l’ancien président voudrait-il présenter Guillaume Soro comme son  » protégé  » pour indiquer la proximité avec lui et laisser entrevoir une possible entente politique ou un attelage électoral dans un avenir proche ou lointain.

Bédié avertit: « Touche pas à Soro »

Le soutien de Bédié à Soro est une perche politique inespérée pour le jeune prodige de la politique ivoirienne dans le rapport de force militaire et brutal engagé contre lui par un pouvoir Ouattara à la croisée des chemins, pour lequel et bien malgré lui, il est devenu le bouc-émissaire idéal, le parfait souffre-douleur. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que Guillaume Soro est aujourd’hui un  » orphelin politique  » , lâché par son propre camp qui ne lui a jamais vraiment fait confiance à cause de l’avance qu’il a toujours eue sur les autres ; il est une cible surtout en raison des faveurs d’une opinion ivoirienne convaincue mordicus qu’il sera le prochain président de la république, qu’il mériterait de l’être beaucoup plus que tous ces prétendants dépourvus de toute légitimité et le plus souvent aussi sans la moindre aptitude ou envergure quelconque pour la magistrature suprême.

En annonçant que Soro lui aurait confié personnellement qu’il n’est pas intéressé par l’échéance de 2020 à laquelle il est attendu par tout le monde, Henri Konan Bedie tente de calmer le jeu en faveur de son  » protégé  » , ayant compris comme beaucoup d’autres qu’il est devenu l’homme à abattre parce que favori de la prochaine élection présidentielle.

Si l’acharnement contre Soro, c’est parce qu’il serait , comme le pensent ses détracteurs,  un homme pressé ou voudrait s’imposer comme le successeur légitime de Ouattara, il n’y a plus de raison de continuer la croisade meurtrière contre un  » non-candidat », plaide Bédié. En même temps, l’ancien président voudrait se rassurer qu’il n’aura pas à affronter Soro , un animal politique, dans la jungle d’une succession ouverte.

C’est à peine si l’ancien président ne propose pas au passage au président de l’assemblée nationale, cette fois, de ne pas prendre parti dans la dispute pour le pouvoir qui va opposer inéluctablement le PDCI et le RDR , chacun se souvenant que son ralliement à Ouattara avait scellé le sort de Gbagbo alors en position de force . En échange de sa bienveillante neutralité à défaut d’un soutien clair pour Bédié , Soro pourrait bénéficier de la protection de son aîné.

 

 

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