Après le discours du Chef de l'Etat à la Nation, Gnangbo Kakou aux "prisonniers politiques": « Yako »

Politique | Publié le Mardi 02 Janvier 2018 à 16:14:08 | |
 
Après le discours du Chef de l'Etat à la Nation, Gnangbo Kakou aux

Gnangbo Kakou a adressé, dans une déclaration rendue publique ce mardi 02 janvier 2017 et dont copie nous est parvenue,  ses vœux à tous les habitants de la Côte d'Ivoire. Toutefois, l'ex-parlementaire a saisi cette occasion pour dénoncer la négligence des "prisonniers politiques" par le président de la République, Alassane Ouattara, dans son traditionnel message de nouvel an, diffusé à la télévision nationale le dimanche 31 décembre 2017. Sa déclaration.

 

‘’Notre république presque sexagénaire, âge ou l’on est papi, âge auquel l’on fait une rétrospective sur ses actions réussies ou moins réussies pour en apporter des corrections s’il y a lieu,   âge qui appelle à la sagesse et au respect. Notre vielle république du haut de ses 57 ans a peur de grandir et continue pitoyablement  sa crise d’adolescence. A 57 ans, nombreux des enfants de la Côte d’Ivoire sont laissés pour compte : « Yako »

o Je veux parler de ses nombreux hommes et femmes emprisonnés souvent sans jugement  ou arbitrairement jugés et condamnés par un système judiciaire inféodé à l’exécutif. Ceux-là qu’on appelle  prisonniers politiques dont leur délit ne relève pas du droit commun.

o Je veux parler de ses nombreux hommes et femmes refoulés hors de nos frontières, contrains à l’exil qui meurent dans l’indifférence en terre étrangère.

o Je veux parler de ses nombreux hommes et femmes, jeunes en particuliers, mais  déjà 35 ans ils n’ont  toujours pas eu cette belle opportunité de gouter le  plaisir d’un premier emploi.

o Je veux parler de ses nombreux hommes et femmes, malgré la belle croissance économique enregistrée, mangent difficilement un plat par jour.

o Je veux parler enfin de l’Etat de Côte d’Ivoire  qui ose continuer à se regarder dans la glace alors qu’il fait juger un de ses fils président sur la place publique mondiale.

A vous tous victime des caprices de la mère patrie, je vous prie de recevoir ce mot de quatre lettres ancestrales prononcé en de pareille circonstance « YAKO ».  Je mesure toute l’impuissance de ce mot quant à sa susceptibilité à pouvoir penser votre  chagrin  et votre souffrance mais comprenez que dans notre monde de mortel où tout est limité, nous avons toujours eu recours à ce mot « Yako » pour accompagner les  grandes douleurs ou souffrances de ceux que nous aimons.

Vous avez ma compassion. Pour la cote d’Ivoire je vous dis pardon.

La crise que nous vivons qui a  atteint son paroxysme  en 2012,  a pris naissance en novembre 1990, je demande à tous de tirer toutes les conséquences pour que  plus jamais nous ne retombions dans de telles bassesses.  Nous devrons entre autre  chassez  en nous tout esprit de vengeance car la vengeance entraine la vengeance et crée un perpétuel recommencement.

Le dimanche 31 décembre 2017, dans son adresse de  vœux à la nation, en aucun moment le Président n’a mentionné  la réconciliation. Chacun de nous doit comprendre qu’il doit faire son propre deuil et se réconcilier avec les autres. La déclaration  du Président reste muet sur la souffrance des ivoiriens, Le Président reste sourd malgré la longue marche  du Pardon violemment  stoppée à l’entrée de Noé.

Notre maigre consolation est que Alassane Ouattara demande que toutes nos actions soient intensifiées en faveur du pardon.  Il faut que chacun de nous intègre le pardon dans une relation réciproque, transitive et bijective.  Ce qui suppose que le pardon incombe également le Président de la République. Il urge que le Président face un grand geste de décrispation sociale envers les prisonniers –les exilés et le procès à La Haye.

En cette année 2018, nous devions tous creuser  notre imagination afin de trouver les voies et moyens de sortie pacifique de cette longue crise.

Recevez chers compatriotes mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2018’’.

 

GNANGBO KACOU

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