Bénin: les magistrats s'opposent au projet de réforme de la Constitution

Politique | Publié le Dimanche 26 Mars 2017 à 10:59:19 | |
 

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Bénin: les magistrats s'opposent au projet de réforme de la Constitution

Les magistrats béninois sont vent debout contre le projet de révision de la Constitution, initié par le président Patrice Talon. Leur syndicat, l'Union des magistrats du Bénin, a décidé de marcher sur l'Assemblée nationale demain lundi pour protester contre un projet «très inquiétant» qui devrait consacrer «la fin de l'indépendance de la magistrature», s'il était adopté dans l'état, selon son président Michel Adjaka. L'ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, lui est plutôt favorable au projet.

 

 

Michel Adjaka, président de l'Union des magistrats du Bénin, joint par RFI, explicite les critiques de son syndicat sur le projet de révision.

« Dans le texte actuellement applicable de la Constitution du 11 décembre 1990, il est clairement dit que le magistrat du siège est inamovible. Point.

Dans le nouveau texte, il est prévu que l’inamovibilité est limitée dans un délai possible. Et ce délai sera déterminé par une loi organique et à la fin de ce mandat, on peut le muter sans son consentement.

L’autre situation qui nous inquiète est que le projet de révision de la Constitution a consacré des citoyens super-privilégiés. A savoir le président de la République, ses ministres et les députés.

Le magistrat peut enclencher toutes poursuites, mais il n’a pas le pouvoir de les mettre en détention ou de demander aux officiers de police judiciaire de prononcer une mesure de garde à vue à leur encontre.

Ce qui est grave c’est que ce texte consacre que pour tous les députés, cette mesure privative de liberté ne serait prise, y compris pour les faits antérieurs à leur élection ».

Le nouveau mandat président: une expérimentation pour Lionel Zinsou

De son côté l'ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, arrivé second à l'élection présidentielle, est lui plutôt favorable au projet. « Je crois que le mandat unique de six ans, c’est une expérimentation.

Je crois qu’il faut probablement la tenter, parce que c’est vrai que cela peut permettre de découpler un petit peu l’exercice du pouvoir, de la volonté d’être réélu par du clientélisme. C’est un argument assez fort.

Il ne faut pas non plus que ça rende le pouvoir indifférent à la critique du mouvement social, parce que n’étant pas soumis à renouvellement ça donnerait des libertés excessives par rapport aux volontés de l’opinion publique. C’est un équilibre délicat, mais je ne pense pas que ce soit une expérimentation à écarter d’office ».

 

 

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