Fespaco 2017 : Un film sur la crise ivoirienne déprogrammé, Bolloré non plus n’en voulait pas

Société | Publié le Jeudi 16 Fevrier 2017 à 16:19:19 | |
 

BUZZ ACTU  

Fespaco 2017 : Un film sur la crise ivoirienne déprogrammé, Bolloré non plus n’en voulait pas

« Ba Yiri », le film de Pierre Yaméogo sur la crise ivoirienne a été déprogrammé du Festival de Ouagadougou pour raisons politiques. C’est un film qui a été écarté sans ménagement de la sélection officielle de la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco), prévue du 28 février au 4 mars prochains, dans la capitale burkinabée. Il n’a pas été vu non plus par les téléspectateurs de Canal Horizons, bien que la chaîne de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré ait préacheté pour 25 000 euros les droits de diffusion.

 

 

A l’évidence, Ba Yiri, la patrie, le dernier long-métrage du réalisateur burkinabé Pierre Yaméogo, achevé en 2011 et primé un an plus tard au Maroc, ne soulève guère d’enthousiasme chez les décideurs, tant il aborde une question encore sensible : la rébellion déclenchée en 2002 en Côte d’ivoire et qui finit par écarter du pouvoir Laurent Gbagbo, l’ex-président ivoirien, en 2011.

Mêlant fiction et drame contemporain, Pierre Yaméogo décrit en 90 minutes la descente aux enfers d’un village ivoirien essentiellement peuplé de planteurs burkinabés, contraints par la guerre d’emprunter les chemins de l’exil. A l’aide de longs plans, on y voit la misère d’un camp de déplacés où se côtoient la solitude, l’errance, la maladie et la mort.

S’il évoque les viols et les rackets perpétrés par les ex-rebelles ivoiriens, le film n’a rien d’un pamphlet contre le pouvoir d’Abidjan, encore moins contre le régime du nouveau président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Ce dernier n’était d’ailleurs pas arrivé aux affaires lorsque le film a été tourné lors d’une grande reconstitution organisée près de Ouagadougou.

 

Censure par précaution

A chacun, donc, ses raisons de prendre ses distances d’avec Bayiri, contre lequel il n’existe aucune consigne officielle de censure. Pour le groupe Bolloré, dont le patron fut l’un des rares industriels français à soutenir Laurent Gbagbo lors des derniers mois de la crise ivoirienne, on comprend qu’il vaut mieux renoncer à diffuser un film qui pourrait déplaire, notamment aux ex-rebelles ivoiriens dont...L’article complet en un clic sur Lemonde.fr

 

 

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