Mauritanie/Projet de référendum constitutionnel : Les sénateurs en colère

Politique | Publié le Jeudi 01 Juin 2017 à 09:18:35 | |
 

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Mauritanie/Projet de référendum constitutionnel : Les sénateurs en colère

Les sénateurs mauritaniens se disent très déçus après la convocation du collège électoral, lundi 29 mai par décret, en vue du référendum constitutionnel du 15 juillet. Ces dernières semaines, ils espéraient encore que le président abandonnerait son projet qui prévoit la suppression du Sénat, de la haute cour de justice et un changement de drapeau. En mars, le Sénat, pourtant majoritairement acquis au pouvoir, avait voté contre. Pour les élus, persister dans la voie du référendum va accentuer les tensions politiques. Réunis en plénière mardi, ils ont dénoncé une fois de plus une violation flagrante de la Constitution.

 

 

Les sénateurs n'ont pas tardé. Quelques heures à peine après la convocation du collège électoral, ils se sont réunis en plénière pour adopter une déclaration commune et condamner l'organisation d'un référendum dont ils ne veulent pas.

« Nous pensons que ce référendum est illégal parce qu’il ne respecte pas la Constitution tout d’abord, explique Cheikh ould Sidi ould Hanena, président de la commission de suivi du projet de réforme constitutionnelle au Sénat. Deuxièmement, il n’est pas consensuel, troisièmement, il n’a pas d’objectif réel pour le pays. Donc nous n’allons pas reconnaître le résultat de ce référendum. »

Le Sénat rejette donc par avance les résultats et en toute logique, la campagne devrait se faire sans l’appui des sénateurs, comme l’explique Cheikh ould Sidi ould Hanena, membre de l'UPR, le parti au pouvoir. « Personnellement je ne ferai pas campagne pour le "non" parce que je pense que c’est donner une légitimité à un référendum qui ne l’est pas. C’est l’avis de la majorité des sénateurs », estime-t-il.

Les sénateurs ne feront peut-être pas de bruit pendant la campagne, mais ils promettent cependant de faire tout ce qui est légal pour empêcher la tenue du scrutin. Ils envisagent notamment de saisir le Conseil constitutionnel.

 

 

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