Ouattara-Soro/ Le contraste de la poule et de l’œuf

Politique | Publié le Jeudi 26 Octobre 2017 à 11:55:43 | |
 
Ouattara-Soro/ Le contraste de la poule et de l’œuf

Les propos du Président Ouattara sur les antennes de la BBC révèlent que Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale lui est redevable pour son ascension politique et sociale. Deux fortes personnalités dont le rapport d’inclusion ramène au contraste de la poule et de l’œuf.

 « Le président de l’Assemblée est un jeune homme que j’ai proposé à mon parti, le RDR, pour être président de l’Assemblée nationale », s’est vanté le chef de l’Etat ivoirien. De ce qui précède qui de Ouattara ou de Soro a propulsé l’autre au sommet de l’Etat. Alassane Ouattara était-il le père de la rébellion ivoirienne ? Pourquoi Soro devrait lui être redevable ?

Sur les berges de la lagune Ebrié, nombreux sont les Ivoiriens persuadés que Ouattara et ses soutiens extérieurs sont les financiers de la rébellion ivoirienne née dans la nuit du 19 septembre 2002. Une assertion toujours rejetée par le parti présidentiel. Même s’il est évident que l’étudiant Guillaume Soro (30 ans), en dépit de son courage d’endosser la paternité de cette rébellion, n’avait point la manne financière pour la faire vivre pendant 8 ans. C’est d’emblée le courage politique qui met Soro, ex-secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire, réputée proche de Gbagbo, sous les feux des projecteurs. Gbagbo, c’est encore lui qui acceptera, au grand désarroi de son régime, d’asseoir Soro dans le fauteuil de Premier ministre en mars 2007 suite aux accords de Ouagadougou. Aux termes des résultats de la présidentielle 2010, Soro reconnait la victoire de Ouattara, rend sa démission à Gbagbo et est maintenu à son poste par Alassane Ouattara, président de la République reconnu par la communauté internationale.

Ce bref rappel vaut son pesant d’or car le ‘‘jeune homme’’ n’est pas sorti du néant pour être proposé par le Président Ouattara à son parti en qualité de président de l’Assemblée nationale. Si le chef de l’Etat semble, à son tour, oublieux des risques encourus par Soro et ses commandants de zones encore passibles de poursuites judiciaires devant la Cour pénale internationale (CPI), l’heure de la vérité a sonné pour une meilleure compréhension de la reconnaissance du PAN à son égard. L’ex-rébellion ivoirienne a-t-elle fait le sale boulot pour l’accession de Ouattara au pouvoir d’Etat ? Si la réponse était affirmative, l’épée de Damoclès de la CPI ne devrait planer seulement sur le camp Soro.

En somme, Soro est bel et bien le ‘‘fils’’, le protégé de Ouattara. Il n’empêche que sans Soro et sa rébellion, Ouattara n’aurait aucune chance de tester le cuir du fauteuil présidentiel. A la différence du couple Gbagbo-Blé Goudé où le second sauve le fauteuil du premier, Soro aide Ouattara à accéder au trône. Si l’un découle de l’autre, les deux gagneraient à faire la paix et se remémorer  des idéaux qui ont présidé leur alliance.

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