Présidentielle au Kenya : décision attendue de la Cour suprême

Politique | Publié le Lundi 20 Novembre 2017 à 07:46:55 | |
 
Présidentielle au Kenya : décision attendue de la Cour suprême

La Cour suprême du Kenya se prononce ce lundi 20 novembre sur deux recours demandant l'invalidation de l'élection présidentielle du 26 octobre.  

 

Une fois encore, la plus haute juridiction kényane, qui avait pris la décision historique sur le continent d’invalider l’élection du 8 août, déjà remportée par le président sortant, a la lourde tâche de dire si la présidentielle d’octobre a été conduite en conformité avec la Constitution de 2010. Ce deuxième scrutin avait été organisé après l’annulation de l’élection d’août et remporté avec 98% des voix par Uhuru Kenyatta en l’absence de son rival Raila Odinga qui l’a boycotté.

 

Pendant deux jours, la Cour a examiné en les fusionnant deux recours, déposés par un homme d’affaires et ancien député proche de l’opposition, John Harun Mwau, et par deux responsables d’ONG, Njonjo Mue et Khelef Khalifa.

 

Elle a écouté leurs avocats arguer que la Commission électorale (IEBC) aurait dû procéder à une nouvelle sélection de candidats après l’annulation de la première élection, et mettre en cause le manque d’indépendance de cet organe, incapable à leurs yeux de garantir un scrutin libre et équitable.

 

Ils ont en outre rappelé les propos du président de l’IEBC en personne, Wafula Chebukati, qui avait avoué, une semaine avant le scrutin, s’estimer incapable de garantir l’équité de l’élection et avait dénoncé des interférences politiques. Il avait ensuite affirmé que les conditions étaient réunies pour l’organiser.

 

Si la Cour suprême valide l’élection de Uhuru Kenyatta, celui-ci sera investi le 28 novembre. Sinon, une troisième élection devra être organisée dans les 60 jours.

 

Dans les faits, la Cour suprême devait confirmer la réélection du président sortant. Mais sa victoire ternie par une faible participation de 39% devrait le contraindre à ouvrir un dialogue avec la coalition d’opposition Nasa de Raila Odinga, 72 ans et trois fois candidat malheureux à la présidence  en 1997, 2007 et 2013.

 

Regain de tension

 

La crise politique a été marquée par des violences qui ont fait au moins 52 morts depuis le 8 août, pour la plupart dans la répression brutale des manifestations de l’opposition par la police.

 

Dans l’attente du jugement de la Cour suprême, la tension est encore montée d’un cran dans le pays. Trois personnes ont été tuées par balle le 17 novembre dans les manifestations de partisans de l’opposition venus accueillir Raila Odinga. Ce dernier était de retour d’une visite de 10 jours aux Etats-Unis.

 

Par ailleurs, ce 19 novembre, des échauffourées ont éclaté entre police et habitants d’un bidonville de Nairobi, Mathare, après la découverte de quatre cadavres gisant sur la chaussée dans leur sang.

 

Raila Odinga avait refusé de participer à l’élection d’octobre au motif que les conditions d’un scrutin équitable n’étaient pas réunies selon lui, et ses partisans avaient empêché la tenue du scrutin dans quatre comtés de l’ouest sur les 47 que compte le pays.

 

Devant la Cour suprême, les avocats de Uhuru Kenyatta ont dénoncé ces violences orchestrées selon eux par l’opposition pour délégitimer le scrutin.

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