Présidentielle française : Les propositions des candidats pour l’Afrique

Politique | Publié le Vendredi 07 Avril 2017 à 17:13:48 | |
 

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Présidentielle française : Les propositions des candidats pour l’Afrique

A un mois du premier tour de l'élection présidentielle française, RFI a donné la parole à tous les candidats et à leurs équipes. Voici les propositions des prétendants à l'Elysée concernant l'Afrique.  Le franc CFA et la Françafrique sont à l’honneur.

 

 

François Fillon (Les Républicains), 63 ans

L’ancien premier ministre ne veut plus de la Françafrique qui selon lui n’est plus qu’un « fantasme ». Le candidat républicain estime que « la France ne doit pas (ou plus, ndlr) soutenir des pratiques antidémocratiques et venir au secours de dirigeants africains qui manipulent les élections. »

Concernant le franc CFA, pour François Fillon, c’est une question qui doit être traitée par les Africains, la France n’en tirant aucun avantage véritable. « La question qui est posée, c’est : "Est-ce que c’est un élément de stabilité qui protège les économies des pays africains, ou non ?" C’est une discussion qui doit s’engager avec les pays africains et, pour ma part, je suis ouvert à toutes les solutions », affirme-t-il.  

 

Benoît Hamon (Parti socialiste), 49 ans

Pour le député socialiste, la France accompagnera les transitions avec ses partenaires d’Afrique, en Méditerranée et au Sahel. Benoît Hamon, qui veut porter les subventions pour l’aide au développement à un milliard d’euros en 2020, pense nécessaire d’appuyer les interventions militaires françaises sur « les partenaires européens et régionaux concernés ». Au-delà des interventions, le programme du candidat Hamon prévoit aussi de  déployer « une action politique et civile déterminée et efficace ». Il veut également instaurer un « visa humanitaire » pour les populations fuyant la guerre, une guerre qui résulte bien souvent pour le député des Yvelines de choix politiques de l’Occident.

 

Marine Le Pen (Front national)

A priori, le programme de Marine Le Pen n’est pas très séduisant pour les partenaires africains de la France. Le Front national (FN) souhaite abolir la binationalité pour les Africains (et pas pour les Européens). Il veut aussi interdire toute régularisation des sans-papiers et, en attendant leur expulsion, entend mettre fin à l’école gratuite pour leurs enfants. A un pays comme le Mali, qui, pour l’instant, ne veut pas signer avec l’Union européenne un accord de réadmission des migrants en situation irrégulière, Louis Aliot, le vice-président du FN, adresse un message musclé : « Sans l’opération Serval, il n’y aurait plus de Mali aujourd’hui. L’aide militaire de la France, c’est donnant donnant. Les Maliens ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre. »

Malgré sa position tranchée quant à l’immigration, Marine Le Pen se dit opposée au franc CFA,  à la Cour pénale internationale et à toute forme d’ingérence occidentale sur le continent, notamment à la Françafrique qu’elle qualifie de « réseaux de corruption criminels et néocolonialistes ». Celle qu’on a souvent décrit comme raciste et xénophobe a décidé de briser les stéréotypes et s’est même engagée dans une opération de charme sur le continent. En mars dernier elle était au Tchad où elle a été reçue par Idriss Deby dans sa résidence privée.  La candidate FN a promis que, si elle était élue, l’Afrique serait « la première des priorités internationales de la France ».

 

Emmanuel Macron (En Marche !), 39 ans

 

« Je veux que nous ayons une stratégie française et européenne ambitieuse en terme d’aide publique au développement, déclare-t-il sur RFI, mais dans le cadre d’un dialogue exigeant avec les responsables africains. [...] Nous devons avoir une demande de réciprocité sur le plan des réadmissions [des migrants en situation irrégulière]. » Le candidat « ni gauche ni droite », horrifié par la colonisation, ce « crime contre l’humain », ne souhaite pourtant pas qu’au nom de la repentance coloniale, la France ouvre ses frontières à tous les migrants venus d’Afrique. Dans une allusion claire au Mali, l’ “Emmanuel’’ d’En Marche ! ajoute, toujours sur RFI : « On ne peut pas expliquer aujourd’hui à notre population [française] que [d’un côté] on est en train de stabiliser sur le plan militaire un pays, qu’on est en train de l’aider à développer ses propres infrastructures, que d’ailleurs il est bon pour lui que les gens reviennent et n’en partent pas, et que [de l’autre côté] on ne sait pas signer un accord de reconduite à la frontière et que, quand quelqu’un n’a pas de titre de séjour, il n’est pas réadmis sur le territoire [de son pays d’origine]. Cela, c’est un jeu de dupes dans lequel nous sommes depuis des années. »

Sur la question du franc CFA, pour Macron, « C’est un débat que les pays de la zone franc doivent conduire dans les deux zones concernées ».

 

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), 65 ans

Le candidat de la France insoumise veut lutter contre l’immigration en agissant directement sur ses causes qui pour lui sont  «les guerres, les accords commerciaux » imposés à l’Afrique et qui finalement « détruisent les économies locales ».

Avec Mélenchon à la tête de la France, les interventions françaises auront pour unique rôle, le «maintien de la paix sous mandat de l’Onu ».

En finir avec  la Françafrique, c’est un autre objectif de Jean-Luc Mélenchon,  outre sa volonté affichée - c’était déjà le cas en 2012 - de supprimer le franc CFA pour « respecter l'indépendance des États africains et la souveraineté des peuples en s'interdisant de se mêler des élections, et en réprimant les corrupteurs. »

En janvier 2016, Jean-Luc Mélenchon a promis que, s’il devenait président, il « [irait] chercher » le prisonnier Laurent Gbagbo pour le soustraire à la Cour pénale internationale (CPI). En novembre, le candidat de la France insoumise s’est aussi fait remarquer au Parlement européen en prenant le parti de l’opposant gabonais Jean Ping, suite à l’élection controversée d’Ali Bongo à la présidence.   

L’ancien sénateur entend également « passer à la francophonie politique », c’est-à-dire « réorganiser les institutions de la francophonie en agissant pour son recentrage sur la défense, le rayonnement de la langue et son usage commun. »

 

 

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