RDC : l’opposition rejette le nouveau calendrier électoral et exige le départ de Kabila à la fin de l’année

Politique | Publié le Lundi 06 Novembre 2017 à 08:29:49 | |
 
RDC : l’opposition rejette le nouveau calendrier électoral et exige le départ de Kabila à la fin de l’année

En République démocratique du Congo (RDC), la Commission électorale (Céni) a annoncé ce 5 novembre un calendrier qui permet au président Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu'au début de 2019. De son côté, l'opposition redouble d'ardeur pour demander son départ fin 2017.

Dix jours après la visite de Nikki Haley, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies qui avait exigé des élections en 2018 en RDC, la Commission électorale a annoncé plusieurs scrutins, dont la présidentielle, le 23 décembre 2018.

« Ce calendrier a été élaboré sous la pression de la communauté internationale, des acteurs politiques et de la société civile congolaise », a déclaré le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, qui affirmait récemment ne pas pouvoir organiser d’élections avant mars-avril 2019.

Le président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, se maintiendra au pouvoir jusqu’en janvier 2019, selon ce calendrier attendu depuis des mois. Mais cette annonce n’a pas détendu la crise politique qui mine le pays.

« Ce régime prédateur veut prolonger instabilité et la misère du peuple. Nous n’acceptons pas ce calendrier fantaisiste. Stop. Kabila doit partir », a immédiatement réagi sur Twitter l’un des principaux responsables de l’opposition, Moïse Katumbi.

Kabila « président jusqu’au 31 décembre »

Candidat à la présidence en exil en Belgique, Moïse Katumbi demande une « transition sans Kabila » à compter du 1er janvier 2018 pour confier l’organisation des élections à des personnalités indépendantes.

Joseph Kabila « n’est légitime que jusqu’au 31 décembre », a-t-il déclaré le 4 novembre en faisant allusion à l’accord qui prévoit des élections dès la fin de cette année et qui est resté lettre morte.

Le mouvement citoyen Lucha a aussi demandé le 5 novembre « une position commune ferme, invariable et sans équivoque, considérant que Kabila doit quitter le pouvoir ou cesser d’être considéré comme président de la RDC d’ici au 31 décembre 2017 ».

Les appels de l’opposition et de la société civile aux journées « ville morte » n’ont rencontré qu’un succès mitigé depuis la mort le 1er février du chef historique de l’opposition, Étienne Tshisekedi. Chaque tentative de manifestation est sévèrement réprimée, comme lundi dernier à Goma, où au moins quatre civils et un policier ont été tués.

En Belgique depuis mai 2016 en raison de sa condamnation dans une affaire immobilière dont il conteste les fondements, Moïse Katumbi annonce son retour pour décembre, alors qu’il risque la prison dès son arrivée en RDC.

Fils du leader historique de l’opposition, Félix Tshisekedi a dénoncé la répression des autorités quand il a tenté d’aller à la rencontre de ses partisans à Lubumbashi la deuxième ville du pays, la semaine dernière. La dépouille de son père, mort le 1er février à Bruxelles, se trouve toujours en Belgique, faute d’accord sur l’organisation des obsèques.

« Les opposants attendent de prendre le pouvoir par la violence, accuse un porte-parole de la Majorité présidentielle (MP), Célestin Tunda. Nous prenons acte du calendrier électoral. Nous prenons ce calendrier comme tel ».

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