Sénégal : d’un Wade à l’autre

Politique | Publié le Dimanche 11 Fevrier 2018 à 12:15:31 | |
 

BUZZ ACTU  

Sénégal : d’un Wade à l’autre

En exil au Qatar, Karim Wade demeure le candidat officiel du Parti démocratique sénégalais. Mais à Dakar, à un an de la présidentielle, l’impatience et les tensions montent au sein du mouvement fondé par son père, Abdoulaye Wade.

 

 

L’homme était âgé, mais sa disparition a plongé le pays dans le deuil. Le 10 janvier au matin, les Sénégalais se sont réveillés en apprenant le décès de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, le khalife général des Mourides. Les principaux responsables politiques du pays ont aussitôt quitté Dakar pour aller à Touba présenter leurs condoléances. Au sein de la délégation du Parti démocratique sénégalais (PDS), dont la ville sainte de l’influente confrérie mouride est aussi un fief électoral, une personnalité manquait à l’appel : Karim Wade.

Depuis le Qatar, où il réside, le fils d’Abdoulaye Wade a tout de même tenu à saluer la mémoire du défunt khalife. Dans un « message de condoléances » diffusé le 11 janvier, il dit regretter « d’avoir été empêché d’aller à Touba » après sa libération, en juin 2016, et « d’avoir été expulsé de [son] propre pays pour prendre le chemin d’un exil forcé ».

Amende de Karime Wade

Ce texte incisif contre le pouvoir de Macky Sall est sa première prise de parole publique en un an et demi. Depuis son arrivée dans le petit émirat du Golfe,l’ancien détenu de Rebeuss ne pipe mot : pas d’interview ni de déclaration. Pas même une lettre ouverte. Au sein du PDS, rares sont ceux qui peuvent dire comment il occupe ses journées ou qui il reçoit. Les rumeurs sont nombreuses, mais rarement vérifiées. Karim Wade s’applique à brouiller les pistes, comme avec cette carte de vœux adressée le 31 décembre aux médias signée « À bientôt au Sénégal ».

À Dakar, son silence pose question et désarçonne ses soutiens. Pour beaucoup, l’idée que le candidat officiel du PDS pour la présidentielle de 2019, puisse, dès l’année prochaine, défier le président sortant dans les urnes paraît de moins en moins réaliste. Outre son absence du pays à un an du scrutin, dont le premier tour doit se tenir en février 2019, le principal obstacle reste judiciaire : s’il a bien été gracié, libéré et autorisé à partir au Qatar, il n’a pas été amnistié et doit toujours payer l’amende de 210 millions d’euros pour « enrichissement illicite » à laquelle il a été condamné en 2015.

« Si Karim Wade a vraiment une ambition présidentielle, qu’il le dise clairement »s’agace un ponte de la formation wadiste

Pour augmenter un peu plus la pression sur le fils Wade, le porte-parole du gouvernement, Seydou Gueye, a récemment rappelé qu’il ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur en cas de retour. En clair : il devra régler sa dette, sous peine de retourner en prison.

Frictions au sein du PDS

Au sein du PDS, cette situation provoque des crispations. Après avoir attendu leur candidat en vain pour les législatives de juillet 2017, des cadres du parti ne cachent plus leurs inquiétudes pour 2019 et qualifient son absence de « handicap ». « S’il a vraiment une ambition présidentielle, qu’il le dise clairement, s’agace un ponte de la formation wadiste. Plus le temps passe, plus les choses vont se compliquer. Nous ne pouvons pas rester ainsi sans candidat à nos côtés à quelques mois de la présidentielle...L'article complet en un clic sur JeuneAfrique.com

 

 

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