Situation confuse au Zimbabwe : un convoi de chars aperçu près d’Harare

Politique | Publié le Mardi 14 Novembre 2017 à 17:41:19 | |
 
Situation confuse au Zimbabwe : un convoi de chars aperçu près d’Harare

Un convoi militaire de plusieurs chars a été aperçu roulant vers Harare ce mardi en fin de journée, au lendemain de menaces proférées par le chef de l’armée à l’encontre du régime de Robert Mugabe, réclamant la fin de la « purge » au sein du parti au pouvoir. La Zanu-PF assure de son côté qu’il n’y a « pas de coup d’État en cours ».

 

 

• Ce que l’on sait de la situation à Harare

Les informations filtrent au compte-goutte. Un convoi de plusieurs chars a été vu ce mardi sur l’une des artères principales menant à la capitale zimbabwéenne.

« J’ai vu un long convoi de véhicules militaires, dont des chars, il y a environ une heure. Je ne sais pas dans quelle direction ils allaient », a indiqué à l’Agence France-Presse une vendeuse se trouvant à proximité du centre commercial Westgate. Des mouvements de troupes confirmés par les agences de presse Reuters et AP.

Cette dernière évoque aussi trois véhicules de transport de troupes, avec à leur bord de nombreux soldats, qui se dirigeaient en direction d’un camp de l’armée situé dans la banlieue d’Harare.

Une vidéo amateur montrant un convoi circule également sur les réseaux sociaux, sans qu’il soit possible de connaître le lieu ni la date de la prise de vue.

La Zanu-PF, de son côté, a démenti toute tentative de putsch, via son compte Twitter. « Il n’y a pas de coup d’État en cours au Zimbabwe », écrit le parti au pouvoir sur son compte officiel.

 

• Les menaces du général Constantino Chiwenga

 

 

S’il est courant que des militaires circulent à Harare, ces mouvements de troupes interviennent au lendemain de déclarations menaçantes émanant du général Constantino Chiwenga, chef d’état-major de l’armée.

« La purge actuelle, qui vise clairement les membres du parti [Zanu-PF, au pouvoir, NDLR] qui ont été engagés dans la guerre d’indépendance, doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée lundi 13 novembre au quartier général de l’armée, face à 90 hauts responsables de l’armée. « Nous devons rappeler à ceux qui sont derrière ces dangereuses manigances que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera à intervenir », a-t-il martelé.

• Le contexte de « purge » et de lutte au sommet du pouvoir

Les menaces du général Chiwenga sont intervenues après l’annonce du limogeage de l’un des fidèles du président zimbabwéen : le vice-président Emmerson Mnangagwa.

Éjecté le 7 novembre de son poste de numéro deux du régime par Robert Mugabe pour « manque de loyauté », Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a annoncé le lendemain avoir fui le pays. « Mon départ soudain a été causé par les menaces incessantes à mon égard (…) par ceux qui ont tenté précédemment de m’éliminer, notamment en m’empoisonnant », a-t-il expliqué.

Le vice-président limogé a également violemment attaqué Robert Mugabe et son épouse, Grace : la Zanu-PF est « un parti contrôlé par du menu fretin indiscipliné, égoïste et servant ses propres intérêts, qui tient son pouvoir non du peuple et du parti, mais de deux individus : la famille du président, qui a privatisé (…) notre institution tant aimée », a notamment asséné celui que l’on surnomme « Crocodile » pour son intransigeance.

Ce limogeage intervient alors que Robert Mugabe, 93 ans, le chef d’État le plus âgé de la planète, a été investi par la Zanu-PF en vue de l’élection présidentielle de 2018. Mais la bataille fait rage pour sa succession. Sa femme, Grace, connue pour ses frasques, a clairement fait connaître son intention de prendre la succession de son mari à la tête de la Zanu-PF, le parti qui a conduit la lutte de l’indépendance du pays, mais également à la tête du pays.

 

 

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