Tunisie : « La révolution n’est pas terminée »

Politique | Publié le Mardi 16 Janvier 2018 à 14:59:30 | |
 

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Tunisie : « La révolution n’est pas terminée »

Aujourd’hui à la tête d’Al-Irada, parti d’opposition qu’il a fondé, l’ancien président se voit comme le dépositaire de l’esprit du 14 Janvier et se pose plus que jamais en défenseur de ses acquis.

 

 

L’ancien président sourit. À 72 ans, Moncef Marzouki, médecin de formation et défenseur des droits de l’homme, est redevenu militant. Depuis la fin de 2015, il dirige Harak Tounes Al-Irada (Mouvement Tunisie la Volonté), parti d’opposition qu’il a fondé. Mi-décembre, c’est dans les locaux du parti, à El-Menzah 6, à Tunis, qu’il nous reçoit. Une fois franchi le dispositif de sécurité – quelques policiers en Jeep –, nous pénétrons dans la petite villa.

Quelques clichés aux murs représentent l’ex-président en meeting. Le drapeau tunisien s’invite ici et là. Dans la grande pièce principale, sobrement décorée, des jeunes tiennent réunion. Sami Ben Amara, chargé de la communication, nous accueille. Ce fidèle de Moncef Marzouki suit l’ancien président depuis son départ de Carthage.

Bien rangé et dépouillé, le bureau de l’ancien chef de l’État fait face à un mur blanc. Dans un coin, un drapeau du mouvement côtoie celui de la nation, prêts pour la photographie solennelle. Dans l’autre, une bibliothèque copieusement garnie de livres en français et en arabe sur la transition, l’islam politique, les droits de l’homme. Dans un français parfait, Moncef Marzouki se lance.

Le ton est cordial, le propos précis.Quelque peu sur la réserve au début de l’entretien, il va rapidement se lâcher. Marzouki ne dit pas s’il sera dans les starting-blocks pour la présidentielle de 2019. En revanche, il trace une ligne de démarcation nette entre son mouvement et le camp du président Béji Caïd Essebsi. L’ex-chef de l’État se voit comme une force qui perpétue l’esprit de la révolution de 2011. Une révolution dont les acquis seraient, à l’en croire, menacés.

Nous avons écrit en trois ans une des plus belles Constitutions au monde

Jeune Afrique : Avec le recul, comment jugez-vous votre mandat présidentiel ?

Moncef Marzouki : La troïka [alliance CPR, Ennahdha, Ettakatol, au pouvoir entre fin 2011 et fin 2014], c’est un petit peu comme le crime commis dans Rashomon [célèbre film d’Akira Kurosawa] : chacun en a sa version. Et force est de constater que cette période a été noircie, diabolisée. Pourtant, nous avons aujourd’hui des éléments de comparaison. J’ai été président pendant trois ans. Trois ans se sont écoulés depuis les dernières élections. On ne peut plus mentir, les yeux sont dessillés.

Et, à mon sens, nos trois années ont été un succès. Il faut commencer par juger en fonction des objectifs annoncés. Ceux de la troïka étaient de maintenir le pays à flot d’abord, d’écrire une Constitution ensuite. Et nous l’avons écrite en trois ans. Une des plus belles Constitutions au monde.

Certains pays mettent plus de neuf ans pour le faire. Voilà pour nos promesses. Nous n’avons pas vendu de rêves. Nous n’avons pas, par exemple, promis de combattre le chômage. Nous nous sommes montrés réalistes. Et je rappelle que le taux de croissance était entre 2 % et 3 % durant la troïka et que le dinar se maintenait alors à 2 euros environ.

Pourtant, on continue à diaboliser cette période…

Il y a un ancien système qui a été très virulent à l’époque et qui continue à l’être… Bien plus virulent que nous, d’ailleurs. Aujourd’hui que nous sommes dans l’opposition, nous laissons le gouvernement travailler, quoi que nous pensions. Nous ne pratiquons pas le blocage tous azimuts...L'article complet en un clic sur JeuneAfrique.com

 

 

 

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