Les morsures de serpents enfin reconnues par l’OMS

Santé | Publié le Mardi 27 Juin 2017 à 17:10:13 | |
 
Les morsures de serpents enfin reconnues par l’OMS

Bonne nouvelle pour l’Afrique subsaharienne. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de porter les morsures de serpents au premier niveau de la liste des maladies tropicales négligées. Une décision qui aura comme incidence majeure l’amélioration du traitement des envenimations, récurrentes dans cette partie du continent.

 

 

On estime que chaque année, ce sont plus d’un million de victimes que font les serpents en Afrique subsaharienne, avec un taux de mortalité avoisinant les 3%, soit 25 000 à 30 000 décès (et autant d’invalidités permanentes).

Avec cette reconnaissance “mondiale’’, ce sont donc des milliers de vies qui seront sauvées chaque année, notamment grâce à un plus facile accès aux antivenins et leur emploi dans les centres de santé même les plus reculés.

En effet, pour Jean-Philippe Chippaux, médecin et docteur en santé publique, directeur de recherche à l’Institut français de recherche pour le développement (IRD), le taux élevé de mortalité est en partie dû au coût des antivenins. « La plupart des victimes préfère s’adresser à un thérapeute traditionnel plutôt que de se rendre au Centre de santé pour y recevoir l’antivenin, dont le prix est hors de proportion avec le revenu moyen d’une famille de paysans », explique-t-il.

La Société africaine de venimologie (SAV) se félicite elle aussi de cette avancée majeure, qu’elle a toujours réclamée. Selon le Professeur Achille Massougbodji, directeur de l’Institut de recherche clinique du Bénin et Président de la SAV, son organisation a joué un rôle important dans la décision de l’OMS. « Même si la SAV a été créée il n’y a que 5 ans, la centaine de membres qui la compose œuvre depuis la fin des années 90 pour rassembler les chercheurs et les praticiens concernés par ce problème de santé publique et sensibiliser les autorités sanitaires des pays africains. Ainsi, 12 pays subsahariens (sur 17 au total) étaient représentés à la réunion technique sur l’accessibilité des antivenins qui s’est tenue à Genève lors de l'Assemblée mondiale de la santé en 2016 ». Assemblée qui a fini par déboucher sur la reconnaissance des morsures de serpents par l’instance mondiale.

Tout n’est pas pour autant acquis comme le précise Fabien Taieb, chercheur à l’Institut Pasteur. Pour lui, le plus difficile reste de déterminer « les antivenins adaptés à l’Afrique subsaharienne », qui soient à la fois efficaces contre tous les serpents régionaux et tolérés par la majorité.

 

 

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