États-Unis : les élus s’inquiètent de la présence militaire américaine en Afrique

Securité | Publié le Jeudi 02 Novembre 2017 à 08:29:35 | |
 
États-Unis : les élus s’inquiètent de la présence militaire américaine en Afrique

Les élus du Congrès commencent à s'inquiéter de la présence militaire américaine en Afrique, un continent qu'ils connaissent peu et où ils craignent que les Etats-Unis mènent une guerre secrète et perpétuelle contre un ennemi en mutation permanente.

 

« La présence en Afrique est beaucoup plus importante que ce que le public américain croit, a déclaré le sénateur démocrate Tim Kaine sur CNN le 30 octobre. Les Américains ont été surpris d’apprendre que quatre bérets verts avaient été tués au Niger ».

La récente embuscade meurtrière au Niger, qui a coûté la vie à quatre militaires des forces spéciales et au moins quatre soldats nigériens, a mis en lumière l’ampleur de la présence militaire des États-Unis en Afrique, à savoir 6 000 hommes déployés dans 53 pays.

L’incident a aussi relancé le débat sur la base juridique des opérations contre les groupes islamistes à l’étranger, au moment où le Pentagone annonce que la guerre est en train de se déplacer, notamment vers l’Afrique, et où les États-Unis débloquent 60 millions de dollars pour le G5 Sahel, la force antijhadiste mise en place par la France.

Le ministre de la Défense Jim Mattis a été interpellé à plusieurs reprises à ce sujet le 29 octobre lors d’une audition de la commission des Affaires étrangères du Sénat consacrée à la modernisation de la loi autorisant l’usage de la force armées (AUMF) qui date de 2001, juste après les attentats du 11 septembre.

« Si nous ne modifions pas l’AUMF, vous pensez avoir toutes les autorisation pour envoyer des troupes en Afrique du Nord ? », lui a ainsi demandé le sénateur démocrate Ben Cardin. « Oui », lui a répondu le chef du Pentagone.

Un euphémisme pour désigner un conflit

Jim Mattis a noté que le groupe Al-Qaïda d’Oussama Ben Laden, que visait la loi à l’origine, s’était scindé et transformé au fil des ans pour donner naissance au groupe État islamique (EI) car « ces mouvements changent de nom aussi souvent que les groupes de rock’n’roll ».

Officiellement, il s’agit d’entraîner, conseiller et assister les pays africains pour leur permettre de lutter eux-mêmes contre les groupes islamistes. Dans les faits, les opérations vont bien plus loin et si les élus américains sont unis dans leur soutien à la guerre contre l’EI en Irak et en Syrie, ils sont plus sceptiques au sujet des djihadistes ailleurs dans le monde, et notamment en Afrique.

« C’est une région qui n’est pas familière à beaucoup de sénateurs ni beaucoup d’Américains, s’est inquiété l’élu démocrate Chris Coons. Cette tragédie au Niger, la perte de nos quatre soldats américains, nous a aidé à mettre l’accent sur le fait que nous avons des citoyens et des sénateurs qui ne savent pas exactement où dans le monde nous sommes engagés contre cet ennemi en mutation ».

Des militaires américains sont déployés et équipés pour le combat dans 19 pays dans le monde, dont 11 sont africains, à savoir la Somalie, la Libye, le Kenya, le Niger, le Cameroun, l’Ouganda, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, la Centrafrique, Djibouti et l’Égypte.

Pour le républicain Rand Paul, la mission officielle est en fait un euphémisme et il s’agit bien de troupes engagées dans un conflit. « Il semble que vous croyez pouvoir aller n’importe où, n’importe quand, qu’il y ait une guerre en cours ou pas, a-t-il lancé au ministre de la Défense. On peut appeler ça entraîner et équiper, mais je soupçonne fort qu’au Niger, il s’agit de bien plus que ça ».

 

                                                         Jeune Afrique

 

 

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