Burkina : Le prédicateur Malam Ibrahim Dicko au service d’Al-Qaïda

Securité | Publié le Jeudi 05 Janvier 2017 à 06:45:22 | |
 

BUZZ ACTU  

Burkina : Le prédicateur Malam Ibrahim Dicko au service d’Al-Qaïda

Le Nord du Burkina Faso a été secoué par des attaques de représailles menées la veille du Nouvel An par des commandos liés au prédicateur Malam Ibrahim Dicko et à son groupe religieux affilié à Al-Qaïda.

Alors que les groupes terroristes cherchent à se faire connaître au Sahel, un nouveau visage est apparu, le prédicateur Malam Ibrahim Dicko. Les médias locaux rapportent que l’individu , dans la quarantaine, a un but:  rétablir  l’ancien royaume Peulh, appelé Djeelgodji, qui a disparu  à la fin du 19ème siècle.

Initialement dédié, a ce qu’il appelait la « promotion de la parole de Dieu », Malam Ibrahim Dicko a commencé à prêcher dans  les radios locales en 2012 à Djibo, une ville située à environ 200 kilomètres  au nord de Ouagadougou et proche de la frontière avec le Mali. Sa famille est originaire d’un village dans le département de Togol, dans la province du Soum

Après la reconnaissance de son mouvement par les autorités, il a cherché à étendre son organisation connue sous le nom de Ansar-ul-islam lil-ichad wal jihad  à travers des réunions et la prédication  sur la radio locale

Malam Ibrahim Dicko et les prédicateurs radicaux du Mali

Malgré la nature radicale de ses sermons, il n’a pas été enquêté par les autorités, selon des médias burkinabè . En 2015, le prédicateur est parti pour  le Mali où il aurait  rencontré Amadou Koufa, un autre prédicateur radical. Amadou Koufa  originaire de la région de Mopti au Mali, serait un proche allié du chef du groupe islamiste Ansar Dine , Iyad Ag Ghaly. Les deux hommes sont connus pour leur désir d’imposer la charia et  lancer leur djihad sacré.

La même année, Ibrahim Dicko a été arrêté au Mali et détenu pour possession illégale d’armes à feu, selon des médias  locaux, qui ont indiqué que  le prédicateur burkinabè avait payé une importante avant  sa libération. Koufa, qui a pour  son nom de guerre Amadou Diallo, est recherché par les autorités maliennes.

Après sa libération , Ibrahim Dicko est retourné dans son fief à Djibo, a divorcé l’une de ses deux épouses, a vendu son terrain et a déménagé dans un village dans le désert nord du Mali, où il aurait entraîné ses partisans à utiliser des armes et à répandre son idéologie,  selon le journaliste Ibrahim Zalle, a rapporté IBT times  . Le journaliste explique que plusieurs de ses partisans dévoués l’ont suivi, où ils ont également suivi une formation.

Le prédicateur a revendiqué l’attaque terroriste de décembre 2016 sur un avant-poste de l’armée à Nassoumbou, au Burkina Faso, qui a fait 12 morts. Les troupes faisaient partie du bataillon antiterroriste déployé en 2013 pour contrer l’insurrection djihadiste près des frontières poreuses du Mali et du Niger.

La province septentrionale du Burkina Faso a été secouée par les attaques de représailles menées la veille du Nouvel An par des terroristes  liés au prédicateur, après  des attaques simultanées contre des individus censés avoir déserté son groupe. Au moins une personne a été tuée et une autre a été grièvement blessée. La première attaque visait un imam de la commune rurale de Tongomayel, dans le village de Sibé, identifié comme Amidou Tamboura. Il est décrit comme un ancien membre du groupe d’Ibrahim Dicko, et aurait tenté de convaincre les jeunes d’abandonner le groupe. Le deuxième commando a tenté de tuer un ancien membre du groupe, Mamadou Dicko, qui a été abattu  près de la ville de Djibo. Dicko est actuellement en soins intensifs, rapporte RFI.

Selon IBT times ,  Benjamin Nickels, responsable du contre-terrorisme  au Centre africain pour les études stratégiques, estime que la violence récente ne signifie pas nécessairement  une perspective d’une menace terroriste domestique émergeante.

« L’attaque n’indique pas ou ne suggère pas la montée probable d’une menace terroriste domestique significative venant du Burkina Faso. »

« La violence à Ouagadougou va vraisemblablement encore discréditer AQMI et des groupes similaires auprès des burkinabè ordinaires » , a-t-il ajouté.




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