Sahel: Macron invite la force du G5 à prouver son efficacité

Securité | Publié le Dimanche 02 Juillet 2017 à 20:54:50 | |
 
Sahel: Macron invite la force du G5 à prouver son efficacité

Le président français Emmanuel Macron a promis dimanche à Bamako d'aider les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) à obtenir des financements pour leur force conjointe, mais les a exhortés à en démontrer l'efficacité face aux djihadistes.

 

 

"Ce sera à vous et à vos armées de convaincre que le G5 peut être efficace, dans le respect des conventions humanitaires. Les résultats doivent être au rendez-vous pour convaincre nos partenaires", a déclaré M. Macron à l'ouverture du sommet du G5 Sahel dans la capitale malienne.

La France apportera 70 véhicules tactiques et un appui opérationnel, a-t-il précisé à l'ouverture d'un sommet du G5 Sahel, dont il est invité d'honneur,

Devant ses homologues Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Idriss Déby Itno du Tchad, Mohamed Ould Abdelaziz de Mauritanie, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Mahamadou Issoufou du Niger, il a salué "une dynamique, un mouvement de fond que la France est fière d'accompagner".

Déployée dans un premier temps aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la force du G5 devra s'ajouter à l'opération française Barkhane qui traque les djihadistes dans le Sahel et à la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

 

Des soldats maliens en faction aux alentours du palais présidentiel de Koulouba à Bamako

Elle doit démarrer avec environ 5.000 hommes fournis par les cinq pays, qui ambitionnent de doubler cet effectif à terme.

L'Union européenne (UE) a déjà promis 50 millions d'euros, soit plus de 32 milliards FCFA. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a évoqué samedi soir un budget total de plus de 258 milliards FCFA.

Concernant les 50 millions d'euros annoncés par l'UE, M. Macron y a vu "l'amorce d'un engagement dans la durée" que compte favoriser la France.

La France compte aussi sur le soutien de ses alliés européens comme l'Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, et espère aussi un "soutien concret" des Etats-Unis, présents militairement avec notamment des drones basés au Niger, a indiqué l'Elysée.

Le 21 juin dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui "salue" le déploiement de cette force mais sans lui délivrer ni mandat ni fonds.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, lors du sommet de l'OMVS en 2015 (illustration).

L'épineuse question du financement

Au courant de son intervention, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a signalé que les dirigeants du G5 sont convenus d'un budget de 423 millions d'euros (plus de 277 milliards FCFA) pour financer la force conjointe régionale.

"Chacun de nos Etats va faire l'effort de 10 millions d'euros, soit plus de 6 milliards FCFA", a souligné M. Keïta lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Macron. "La question du financement a pris la plus grande place, presque tout le temps" des discussions à huis clos, a-t-il relevé.

 

"Le financement tel que nous l'avons évalué est de 423 millions d'euros", a précisé le président malien au moment où son homologue français a annoncé une conférence des donateurs qui doit se tenir dans les prochains mois.

Dans un nouveau geste de défi aux dirigeants de la région, la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a diffusé samedi, à la veille du sommet du G5, une vidéo montrant six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017. Il s'agit d'une Française, une Colombienne, un Sud-Africain, un Roumain, une Suissesse et un Australien.

 

 

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