Année scolaire 2017-2018/ Les parents d’élèves jugent les réformes de Kandia Camara

Société | Publié le Mercredi 13 Septembre 2017 à 14:49:44 | |
 

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Année scolaire 2017-2018/ Les parents d’élèves jugent les réformes de Kandia Camara

Le ministère de l’éducation nationale a apporté, au titre de l’année scolaire 2017-2018, des modifications portant sur les modalités de passage en classe supérieure dans l’enseignement primaire et secondaire. Ainsi, les élèves en classe de CP1, CE1 et CM1 sont admis d’office en classe supérieure. Pour les classes de CP2 et CE2, l’élève passe avec une moyenne  générale annuelle (MGA) supérieure ou égale à 4/10. Dans l’enseignement secondaire, de la 6ème à la 3ème,  la MGA minimale pour accéder en classe supérieure est de 9/20. Des réformes qui suscitent déjà des réactions. Voici quelques-unes.

 

  • Serge-Alain N’Guettia, retraité: « Cette réforme est inappropriée »

« Sincèrement, je pense que notre pays va tout droit vers l’abattoir parce que cette réforme est inappropriée. Comment comprendre que quelqu’un fasse une formation sans être évalué. C’est-à-dire savoir s’il a bien assimilé ce qu’on lui appris durant cette période. Sinon, qu’on dise à nos enfants de ne plus fournir d’effort ! Je dis donc que cette réforme n’est pas juste et ne doit pas être appliquée car c’est amener l’intellectuel ivoirien à un niveau encore très bas. Mais aussi, l’écolier qui n’a rien foutu durant l’année scolaire va se moquer de ses amis, qui eux, y ont fourni des efforts. Puisqu’on n’a plus besoin d’étudier pour être en classe supérieur. Par ailleurs, il faut dire que les réformes prises, depuis 1990, sous l’autorité du Premier ministre d’alors ; aujourd’hui président de la République, n’ont pas aidé l’école ivoirienne à aller de l’avant. Que son ministre de l’éducation ne vienne pas, elle aussi, l’enterrer définitivement. »

 

  • Yao Koffi Marius, avocat :

 « Avec cette réforme on ne rend pas services à nos enfants »

« Avant toutes réformes dans le système éducatif, il faut d’abord voir quel sera son  impact sur nos  enfants. Aujourd’hui, l’éducation de nos enfants doit être au cœur de toute réforme. Les enfants, c’est la relève de demain. Il leur faut donc une bonne formation ! Aujourd’hui, on demande aux enfants de passer automatiquement en classe supérieure. Mais les enfants ne sont pas formés pour rester seulement en Côte d’Ivoire. Seront-ils compétitifs lorsqu’ils seront ailleurs ? Est-ce qu’au niveau des concours, ils seront compétitifs ?  Voilà autant de question qu’il faut se poser avant d’adopter une quelconque réforme. Sinon, quel genre d’enfant voulons-nous avoir aujourd’hui avec cette nouvelle réforme? Pis, Avec ces nouvelles réformes, on ne tient plus compte de l’orthographe d’un mot mais plutôt du son. Pourvu qu’on sache ce que sait. Donc, comme je l’ai dit au cœur de toute réforme, c’est l’éducation de base des enfants. Ce n’est parce qu’on veut donner plus de chance aux enfants ou sauver l’année qu’il faut donner une formation aux rabais aux enfants.  Même s’il faut que l’enfant reprenne son année pour qu’il soit bien formé, moi je suis d’accord. Parce que les enfants ont besoin d’une bonne formation pour faire face aux enjeux de demain. Avec cette réforme, on ne leur rend pas services.

  • Balliet Guy-Roland : « Continuer avec l’ancienne pour permettre aux meilleurs d’aller en classe supérieur»

« Permettre à un enfant d’aller en classe supérieure sans évaluation, ce n’est pas bon. Si on veut vraiment avoir un pays émergent, c’est avec une jeunesse compétitive et bien formée. C’est elle qui sont appelée à représenter la Côte d’Ivoire de demain. Cette réforme qui consiste à faire passer automatiquement les enfants n’est donc pas bonne. Il faut plutôt continuer avec l’ancienne qui permet aux meilleurs d’aller en classe supérieure.

  • Aïssatou Zamtouz : « Elle va pénaliser nos enfants à l’avenir »

« Cette nouvelle réforme, même si elle devrait marcher aujourd’hui, va  forcément pénaliser nos enfants à l’avenir parce qu’ils auront raté la base. Si on retire la compétition à l’école et les enfants ne vont plus étudier. C’est que souvent l’élève est beaucoup distrait en classe mais quand il sait que son admission en année supérieure dépend de la composition ou de l’examen qu’il présentera, il étudie. Le gouvernement ne rend vraiment pas service à nos enfants en enlevant cette étape essentielle de leur formation.

 

  • Cissé Ibrahima : « On veut forcément copier sur les pays occidentaux »

« De nos jours, les gouvernants africains veulent forcément copier sur les pays occidentaux alors que nous n’avons pas les mêmes réalités. Ici, en Côte d’Ivoire, les élèves sont surchargés dans les salles de classe. Il est inadmissible qu’on fasse passer un enfant avec une moyenne de 4 ou 9 pour accéder à la classe supérieure. Sinon, ce serait  encourager la paresse au niveau des enfants. Madame la ministre devait plutôt élever le niveau d’exigence dans les écoles et autres structures de formations sous sa tutelle. Pour que nous ayons des cadres bien formés, des intellectuels à même de mener des débats et affronter les obstacles de la vie à tous les niveaux. Sinon, qu’elle s’attèle à réduire le nombre pléthorique des élèves dans les salles de classe. Elle devrait revoir cette réforme parce que nous sommes très loin de l’appliquer ici, en Côte d’Ivoire.

 

Edwige Bawely, superviseur de pâtisserie : « Avec cette réforme, il y a deux cas »

« Avec cette réforme, il y a deux cas. D’une part, ça va encourager les enfants. Elle va permettre aux enfants de pouvoir faire mieux et exceller. D’une autre part, il y a un problème. Parce que si l’enfant sait qu’il peut avancer sans composition, il ne sera pas trop motiver pour les études. Pour les enfants de 6ème mais pas pour l’école primaire, parce que c’est la base. Là-bas, ce n’est vraiment pas nécessaire de vouloir faire passer l’enfant sans avoir le niveau. Et pourtant, c’est avec l’évaluation qu’on arrive à déceler tout cela. Si on se permet de seulement  les faire passer, les enfants vont évoluer avec des lacunes qui pourront leur être préjudiciables au secondaire. Le gouvernement doit revoir cette réforme en l’appliquant à des classes où les enfants ne sont pas forcés de faire des efforts. Donc, je ne suis pas d’accord pour l’application générale de cette mesure dans toutes les classes. Surtout au primaire où commence véritablement la formation de l’enfant.

 

 

 

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