Cotonou: mobilisation pour prévenir la privatisation du CNHU

Société | Publié le Vendredi 09 Juin 2017 à 15:08:34 | |
 
Cotonou: mobilisation pour prévenir la privatisation du CNHU

Le personnel du CHNU, le Centre national hospitalier universitaire de Cotonou, est en colère. Selon lui, la commission chargée des réformes dans le secteur de la santé, mise sur pied par le président Patrice Talon, propose une mise en concession de l’hôpital. Rien n’est fait, mais ils dénoncent déjà une privatisation. Plus d’une centaine d’agents se sont rassemblés jeudi 8 juin dans l’enceinte de l’hôpital.

 

 

« Le CNHU n’est pas achetable. On ne prend pas le CNHU. » C’est à une action préventive que cette aide-soignante est venue participer. Les six syndicats du CNHU ne veulent pas de mise en concession, pour eux, c’est une privatisation.

« Les citoyens béninois aujourd’hui sont pauvres. Ils n’ont pas les moyens de payer 7 000 francs CFA de consultation et vous imaginez que vous pouvez remettre cet hôpital à un privé qui va faire monter les frais de consultation qui pourraient être de 15 000 ou 20 000 francs comme ça se passe dans le privé ? C’est ce que nous avons vu dans un pays de la sous-région », alerte Théophile Dossou, infirmier depuis 22 ans, responsable du syndicat Unité CNHU.

Il y a des dysfonctionnements dans cet hôpital, mais pour les agents, l’Etat a sa part de responsabilité. C’est en tous les cas la position de Basilia Odjoubé Ahouansou, ingénieure en imagerie médicale, secrétaire générale du Syntra CNHU : « L’Etat béninois doit plus de 7 milliards de francs au CNHU. Si vous dites que nous ne sommes pas performants, est-ce que nous sommes les responsables de notre contre-performance ? Non. L’Etat n’a qu’à commencer d’abord par s’acquitter de ses dettes vis-à-vis du CNHU. »

Répondant aux questions d’un député, le ministre de la Santé, Alassane Seïdou, a expliqué que le projet, constitué d’un partenariat public-privé, n’était pas encore validé par le gouvernement. Les 1 300 agents, qui ont peur pour leurs emplois, vont rester mobilisés.

 

 

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