En 50 ans, la croissance exponentielle de Lagos, au Nigeria

Société | Publié le Vendredi 26 Mai 2017 à 18:54:15 | |
 
En 50 ans, la croissance exponentielle de Lagos, au Nigeria

La capitale économique d’Afrique de l’Ouest, située au sud-ouest du Nigeria ne cesse de s’agrandir. Une croissance qui impose aujourd’hui de repenser son aménagement.

Le 27 mai 1967, le Nigeria devient un État fédéral et crée l’État de Lagos. À cette époque, la « ville des lacs » est une capitale tranquille, au bord d’une grande lagune verdoyante, où vivent un petit million d’habitants.

Depuis la ville n’a cessé de s’agrandir jusqu’à devenir la dixième plus grande ville du monde avec une population estimée entre 17 et 22 millions d’habitants. La capitale économique d’Afrique de l’Ouest s’étend tandis que la croissance démographique du pays explose. « Chaque année, c’est l’équivalent de deux fois la métropole de Toulouse qui arrive à Lagos », explique Guillaume Josse, géographe pour le Groupe Huit, cabinet de recherche spécialisé sur les villes en développement.

Les Lagosiens doivent alors faire preuve d’ingéniosité pour trouver de l’espace et palier les défaillances d’un État souvent absent, notamment pendant deux décennies de dictatures militaires (1975-1999). Les plus riches construisent des digues, assèchent les marécages ou ensablent l’océan pour construire le « Dubaï de l’Afrique ». Les plus pauvres se construisent des parcelles de terre sur la lagune avec des tonnes de déchets mélangés à du sable.

« Lagos est une caricature »

C’est ainsi que s’est construit le quartier d’Ilaje-Bariga, pendant les cinquante dernières années. Les rues se sont dessinées au hasard, au fil des nouveaux arrivants, il n’y a aucun système d’évacuation des eaux usées. « Toutes les villes africaines sont confrontées aux mêmes problèmes : urbanisation violente, gestion du foncier, pollution… Mais Lagos est une caricature. Ses défis sont tellement immenses qu’ils paraissent insurmontables », explique Guillaume Josse.

Un réaménagement s’impose effectivement dans cette ville où arrivent en moyenne 900 nouveaux habitants par jour, depuis 50 ans. Ayo Assaf, un urbaniste nigérian qui a fait ses armes à New York, a tenté il y a quelques années de repenser le cœur historique de Lagos, Lagos Island, à la demande du gouvernement local.

« Il y a une telle énergie, un commerce qui draine des millions de nairas, on ne peut pas tout raser, mais il faut l’améliorer pour des raisons de sécurité et d’hygiène », explique-t-il. « Il faut formaliser le commerce informel, améliorer leurs conditions de travail, construire des logements pour la classe supérieure, moyenne et pauvre pour favoriser la mixité sociale. »

Ayo Assaf a bien rendu son rapport au gouverneur Babatunde Fashola qui lui avait commandé, mais en 2015, après les élections locales, l’administration a changé et peu de ses idées ont été mises en place.

Commentaires Facebook