Enfants en treillis à Bouaké/ Quand les jeunes manquent de repère

Société | Publié le Mercredi 28 Juin 2017 à 11:26:08 | |
 
Enfants en treillis à Bouaké/  Quand les jeunes manquent de repère

Pour cette fête de Ramadan, le tout Bouaké grouillait de petits soldats. Des bambins vêtus aux couleurs des forces armées ivoiriennes. Risible de prime abord, c’est une réalité qui, au fond, est triste et même inquiétante.

 

 

De manière générale, les enfants aiment être vêtus comme leurs héros. On a presque tous connu cette époque où on pensait avoir de supers pouvoirs ou des habiletés hors normes comme nos “idoles’’ (voler comme Superman, lancer des toiles et voltiger comme Spiderman ou encore réussir à la perfection le tir de l’aigle de Benjamin). On s’identifiait à eux, on voulait leur ressembler.

Que pour cette fête religieuse, des gamins arborent fièrement des tenues militaires d’ailleurs interdites et qui plus sont ironiquement appelées « 5 millions » (en référence aux primes auxquelles ont eu droit les mutins qui ont tenu en respect tout un pays à plusieurs reprises), il y a de quoi s’inquiéter.

D’aucuns pourraient dire que ce ne sont pas les enfants qui ont choisi leurs vêtements mais plutôt les parents. Certes, mais voilà alors une raison supplémentaire de s’inquiéter.

Les parents sont censés être les modèles de leurs enfants, leur donner le bon exemple, la bonne attitude. Mais quand ce sont ces mêmes garants de la bonne éducation qui, au mépris des lois (le port du treillis est strictement interdit en dehors des corps armés), parent leurs enfants de tenues qui envoient le mauvais message, il faut s’interroger.

Déjà taxé d’“Etat dans un Etat’’, Bouaké s’illustre cette fois encore de la mauvaise manière. Au-delà même de cette image négative que renvoie l’une des plus importantes villes du pays, pense-t-on aux valeurs que nous  transmettons aux plus jeunes ?

Ils ont grandi dans la guerre, avec une violence omni présente. Ils ont pour seuls exemples ceux qui s’imposent (et prospèrent) par la force du poing ou des armes. En plus pour les grandes occasions, on les déguise en mutins. Qu’attendons-nous vraiment d’eux ? Quels adultes sommes-nous en train de former ?

Peut-être que cela part d’une bonne intention, mais ne dit-on pas que l’enfer est pavé de ce genre d’intentions. Ne serait-il pas plus judicieux de veiller sur nos actes aujourd’hui, afin qu’ils ne nous condamnent pas demain ?

 

 

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