Inondations/Populations-Autorités : A qui la faute ?

Société | Publié le Vendredi 16 Juin 2017 à 15:53:01 | |
 

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Inondations/Populations-Autorités : A qui la faute ?

Comme il est de coutume depuis quelques années, la saison des pluies à Abidjan rime avec inondations, glissement de terrain, dégâts matériels et perte en vie humaines. De plus en plus de voix s’élèvent pour le dénoncer. La faute serait selon les autorités l’incivisme des populations. A leur tour, ces populations estiment que la responsabilité incombe aux autorités qui ne font pas leur travail.

 

 

Koumassi, Abobo Banco, Angré, Riviera Palmeraie... ils sont légion ces quartiers et communes d’Abidjan où l’on craint désormais la pluie. Les eaux de ruissellement y sont devenues de vrais bourreaux n’hésitant pas à inonder la moindre parcelle sèche.

Selon le colonel Avogadro Konan Kouakou, chef du département des opérations et de secours à l’Office national de la protection civile (Onpc), « Tout ce que nous vivons aujourd’hui est imputable en grande partie à l’incivisme des populations ».

Un avis que partage Bamba Amara, directeur du cabinet du maire d’Abobo. Pour lui, ces inondations rallongées et intensifiées sont le fait d'habitants qui ont construit leurs maisons sur des zones inondables.

En effet, il n’est pas rare, même dans la commune huppée de Cocody, de voir des constructions sur des voies d’écoulement d’eau. A qui la faute ? Aux autorités qui délivrent les permis de construire ou à ceux qui choisissent de construire sur ces voies ?

 

Très souvent, des caniveaux sont transformés en poubelles ou des ouvrages d’assainissement pillés et malmenés, comme le souligne Nord Sud quotidien dans sa parution du 15 juin 2017.

Expliquant le cas spécifique d’Abobo Banco, en proie à des inondations depuis 2010, Bamba Amara affirme qu’il n’y a pas de problèmes de canalisations : « Le problème est simple : ils ont construit dans des zones marécageuses, parfois sur le lit d’un cours d’eau. Les habitations sont construites de façon anarchique, sans l’aval du ministère de la Construction. Ce sont les résidents qui bouchent eux-mêmes caniveaux et canalisations avec des déchets solides et leurs toilettes. Il n’y a pas de comportement citoyen : au lieu de payer la vidange des fosses septiques, les habitants relient leurs toilettes aux canalisations illégalement. Il y a aussi des camions de ramassage des poubelles, qui passent certes rarement, mais les gens jettent leurs déchets dans les poubelles et, à la longue, le caniveau se bouche ».  Cette fois à qui la faute ? Aux populations qui agissent ainsi au mépris des règles ou aux autorités qui le savent mais refusent de sévir ?

 

En mars, avril et mai derniers, pour prévenir les inondations, les structures publiques en charge de l’assainissement et du drainage assurent avoir effectué des travaux d’entretien et de curage d’une centaine de sites critiques à Abidjan. De Cocody, à Yopougon en passant par l’Indénié et Agban. Mais voilà que seulement un mois après la fin des travaux préventifs, les canalisations sont à nouveau bouchées. A qui la faute ? Aux autorités ou aux Abidjanais qui se plaisent à laisser dans la rue  les sachets, mouchoirs ou bouts de papiers qu’ils trouvent bien trop encombrants et pas vraiment dignes d’orner leurs poubelles ?

 

Pour éviter les pertes en vie humaine, le gouvernement a mis en place en 2012 le plan « Zéro décès en saison de pluie ». L’objectif : reloger les personnes (80 000 environ) se trouvant dans des zones à risque. 

Cependant 5 ans plus tard, ces zones sont toujours habitées et la saison des pluies endeuille encore. Sept personnes ont déjà péri pour cette année dans des glissements de terrain.

Pour cause de laxisme, de manque de rigueur et de suivi, de manque de civisme, tous sont finalement coupables et victimes.

 

 

 

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