L’Afrique et Haïti face aux murs de l’oubli et du mépris

Société | Publié le Lundi 22 Janvier 2018 à 16:30:16 | |
 
L’Afrique et Haïti face aux murs de l’oubli et du mépris

Il n'existe pas de « pays de merde », comme l'aurait ainsi déclaré Donald Trump à la mi-janvier, mais des pays agressés et bouleversés par une poignée de nations cherchant à disposer de leurs richesses, selon Aminata Dramane Traoré.

 

 

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », demande l’inénarrable président américain, Donald Trump. Il paraît que mis à part l’excès pondéral, il se porte à merveille. Grand bien lui fasse ! Moins que l’homme, c’est l’extrême droitisation et l’ensauvagement des démocraties occidentales, dont son comportement est le parfait reflet, qui devraient nous inquiéter.

Si l’indignation provoquée est légitime, elle a la faiblesse d’être sélective. Donald Trump ne fait que révéler haut et fort la pensée qui, en Europe, préside au tri des migrants en « bons », à accueillir avec humanité, et en « mauvais », à laisser pourrir dans l’enfer libyenmourir en Méditerranée ou à rejeter avec fermeté quand ils parviennent, au prix de mille et un obstacles, à fouler le sol européen.

Les coups que nous prenons en ce moment, dont cette insulte, contribueront, je l’espère, à l’éveil de nos consciences

Plus important que les propos de tel ou tel dirigeant américain ou européen en quête de légitimité auprès d’un électorat apeuré – parce que désinformé est notre propre regard d’Africains et d’Afro-descendants sur nous-mêmes –, dans un monde d’injustice, de mépris et de déni d’humanité.

Les coups que nous prenons en ce moment, dont cette insulte, contribueront, je l’espère, à l’éveil de nos consciences assoupies par le discours soporifique sur la croissance économique, les accords « gagnant-gagnant » et l’émergence. Cessons de prendre l’ombre pour la proie.

« Les dominants sont, en réalité, à la recherche de marchés émergents »

Les bâtisseurs de murs ne veulent pas d’une Afrique émergente qui viendra alors, comme l’Asie, leur donner du fil à retordre. Dans quel réservoir puiseraient-ils pétrole, gaz, uranium, métaux rares et autres ressources stratégiques si l’Afrique parvenait à s’industrialiser et à devenir un marché de 2 milliards de consommateurs de produits africains ? Les dominants sont, en réalité, à la recherche de marchés émergents pour les biens et services de leurs grandes entreprises, pour la relance de leurs économies, la croissance et l’emploi.

Il faut être menacé ou persécuté dans son pays pour avoir droit à l’asile, disent les partis et les mouvements anti-immigration

Nous sommes, assurément, à la fin d’un cycle et d’un mythe : la mondialisation heureuse, comme l’attestent également l’ampleur des attentats terroristes et le réchauffement climatique. Il n’y a jamais eu autant de murs de par le monde, alors que la chute de celui de Berlin devait marquer le début d’un monde ouvert à tous et à toutes.

J’aurais aimé que nos ambassadeurs, qui demandent à Donald Trump de se rétracter, posent, dans le même élan, des questions aux dirigeants européens sur le racisme anti-noir qui est manifeste dans leur gestion des flux migratoires et les traitements particulièrement inhumains et dégradants réservés aux Subsahariens. Le président sénégalais Macky Sall l’a juste effleuré lors du Sommet de la Valette, où il a déclaré qu’« on ne peut pas insister à réadmettre les Africains chez eux pendant qu’on parle d’accueillir les Syriens et d’autres »...L'article complet en un clic sur JeuneAfrique.com

 

 

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