Lutte contre l’immigration clandestine/ Que propose concrètement la Côte d’Ivoire ?

Société | Publié le Jeudi 15 Juin 2017 à 17:57:51 | |
 
Lutte contre l’immigration clandestine/ Que propose concrètement la Côte d’Ivoire ?

Depuis 2015, une campagne de sensibilisation contre l’immigration clandestine a été initiée par la direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE), une structure relevant du ministère de l’intégration africaine. Pour qu’elle gagne en efficacité, il conviendrait d’en cerner les enjeux. Autrement dit, il nous faudrait comprendre ce que propose concrètement la Côte d’Ivoire pour retenir ses fils.

 

 

« Restez ici et travaillez pour vous prendre en charge ! », pourrait-on résumer en une phrase la stratégie que la Côte d’Ivoire a adoptée pour décourager les candidats à l’immigration clandestine. Une politique réaffirmée ce mercredi 14 juin 2017 par le premier des Ivoiriens, le chef de l’Etat.

Face aux députés européens, à l’ouverture solennelle du Parlement du vieux continent à Strasbourg, Alassane Ouattara a plaidé pour un accroissement des investissements en Afrique. Ce qui permettrait de créer des emplois pour les jeunes et de les maintenir ainsi sur place.

Pour le Président ivoirien, la pauvreté, le chômage, les crises à répétition et le déficit de démocratie sont à l’origine de l’immigration illégale. Il faut donc agir sur ces facteurs, dans la durée et de concert, pour juguler ce fléau des plus meurtriers.

 

Issiaka Konaté, le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur est du même avis. Concernant l’immigration irrégulière, il encourage la jeunesse ivoirienne à se former et à se tourner vers les structures étatiques de promotion de l’emploi pour s’insérer dans la vie active. Car en réalité en choisissant de migrer « rien ne vous assure que votre vie sera meilleure sous d’autres cieux », estime le patron de la DGIE.

Le but de la campagne contre l’immigration clandestine, lancée il y a deux ans, n’est pourtant pas de détourner les jeunes de la migration, mais plutôt de les emmener à renoncer à celle qui se fait par des moyens peu recommandables, au péril des vies. Paradoxal, mais c’est la ligne de conduite choisie par la Côte d’Ivoire.

Ainsi donc, cette campagne qui se veut itinérante procède plus de la sensibilisation que de l’action. Une sensibilisation au travers de films sur l’enfer des migrants clandestins et de témoignages de certains d’entre eux qui ont dû revenir au pays après leur mésaventure.

En mars dernier, Issiaka Konaté affirmait sur les antennes de BBC Afrique que la sensibilisation seule ne suffisait pas et qu’il fallait plus de répression : « A côté de la sensibilisation, il faut une répression et vraiment s’attaquer en profondeur aux réseaux qui existent. Qui ne font rien d’autres que de faire tuer des centaines d’Ivoiriens. Il y a déjà eu une arrestation à Daloa. Il faut poursuivre ces arrestations, démanteler les réseaux en Afrique de l’Ouest et puis fragiliser les réseaux de migrants bien entendu, il faut aussi stabiliser la Lybie ».

Depuis l’arrestation de Daloa, aucune autre n’a été rapportée.

Sûrement que l’accent est pour l’instant mis sur la sensibilisation. La DGIE vient d’ailleurs de bénéficier d’un financement de l’Allemagne pour intensifier sa campagne qui se fera désormais aux côtés de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et des partenaires traditionnels. Il s’agit notamment des collectivités locales, des autorités préfectorales, des associations des jeunes et de la Fondation Allemande Friedrich Naumann.

 

 

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