Séduction et provocation/ Zoom sur les astuces érotiques des Dakaroises

Société | Publié le Vendredi 27 Octobre 2017 à 16:58:39 | |
 

BUZZ ACTU  

Séduction et provocation/ Zoom sur les astuces érotiques des Dakaroises

Dans la capitale sénégalaise, les femmes disposent d’un véritable arsenal d’objets érotiques mêlant odeurs, sons, romantisme et expressions salaces.  

Une femme mariée de 48 ans : « Le sexe, ça se prévoit. Le matin, quand mon mari se réveille, je lui tapote le pénis puis je lui dis, en faisant comme ça [l’index pointé vers son sexe, menaçant] : “Ce soir, t’es mort”. Ici, les femmes doivent savoir provoquer leur mari. Tu fais ça dès le matin, et toute la journée, quand il sera au travail, il ne pensera qu’à toi et à ce qui l’attend. Il saura que ce soir, c’est le grand combat. Et la nuit venue, il sait que je vais le clouer. »

En wolof, la lutte sénégalaise est la métaphore de la sexualité. Dans les deux, l’essentiel est moins le combat proprement dit que les longs préliminaires (léewtoo) qui y conduisent.

Pour cela, les femmes ont à leur disposition un véritable arsenal de la séduction, destiné à provoquer leur mari, vendu au vu et au su de tous dans les marchés. Dans cette société musulmane où la polygamie est largement répandue, il est entendu que les épouses doivent maîtriser l’art féminin de la séduction et de la provocation (jongué) pour retenir leur mari de prendre une autre femme ou s’attirer ses faveurs, notamment dans le cadre d’une lutte sourde entre co-épouses (en milieu urbain, près d’une femme sur quatre a des co-épouses).

Séduction et provocation

La sexualité, tout comme l’art de la séduction et de la provocation, n’a rien de transgressif dans un couple marié. Si un registre moral est attaché au sexe dès lors qu’il est licite, c’est plutôt celui de la pudeur (kersa) et de la discrétion (sutura) qui organise les relations sociales en général et en particulier celles entre époux, qu’il s’agisse de sexe ou d’économie domestique. Une femme mariée, la soixantaine : « Tout ce que tu fais avec ton mari, l’islam interdit d’en parler. Mais quand la porte de la chambre est fermée, tu fais ce que tu veux. »

Le corps comme l’espace de la chambre à coucher doivent être préparés en vue du combat. Les deux sont nettoyés, parfumés et apprêtés avec soin. Dans le registre religieux, les ablutions purificatrices prescrites par l’islam se doublent à Dakar de pratiques surérogatoires : les bonnes odeurs sont recommandées, si bien qu’il est souhaitable de parfumer son corps ou la maison.

Aux parfums pour le corps, dont les hommes comme les femmes sont friands, répond une multitude de parfums de chambre et, surtout, d’encens (cuuraay). Il ne s’agit pas seulement de se débarrasser des odeurs corporelles, mais d’en acquérir de nouvelles, dont certaines provoquent le désir sexuel.

Dans les marchés, les boutiques d’encens offrent un choix immense. Les encens à l’odeur la plus forte et la plus lourde, les plus efficaces pour susciter le désir, sont réservés à l’usage intime. Les femmes ont dans leurs placards de véritables collections. Les noms sont évocateurs et se renouvellent constamment : Nemmali (achever de tuer), Doggali (fermer les yeux du défunt), Ser Bou Tass (pagne défait), Dadjima (enfonce-moi), Kumay Teul (fais-moi rebondir), Naif (cravacher), Tojj Xuur (écrase couilles), Sauce u Kani (sauce pimentée), etc. Ces appellations indiquent une force, une modalité d’action spécifique.

Source: Lemonde.fr

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