Jacigreen : la dépollueuse du fleuve Niger

Technologies | Publié le Mercredi 03 Mai 2017 à 10:11:46 | |
 

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Jacigreen : la dépollueuse du fleuve Niger

L'entreprise de la jeune nigérienne Mariama Mamane transforme une plante nuisible en engrais naturel et en électricité.

Mariama Mamane est une ingénieure douée. À 27 ans, elle a trouvé des vertus d'un mal qui flotte sur la surface de nombreux cours d'eau et fleuves en Afrique, en Asie et Amérique latine.

La jacinthe d'eau. Une plante qui n'est pas naturellement néfaste. Elle le devient. Laissée à elle-même, dans un premier temps, elle purifie les cours d'eau. Mais arrivée à une certaine maturité, elle étouffe la vie aquatique et devient néfaste à la biodiversité.

Au Niger par exemple, c'est un véritable fléau. Non seulement, elle encombre et assèche le fleuve Niger mais elle asphyxie également sa faune et sa flore. Pour résoudre le problème, la jeune ingénieure propose non pas une mais deux solutions.

"À partir de cette ressource naturelle, nous avons mis en place un système de production de fertilisant organique par compostage anaérobie. Jacigreen fabrique aussi de l'électricité à partir du biogaz ", explique Mariama Mamane.

En d'autres termes, elle fabrique un engrais naturel dans un environnement dépourvu d'oxygène. Le traitement s'effectue à basse température et le processus débute par la formation du tas.

La jacinthe d'eau est d'abord collectée. La matière est ensuite entreposée et traitée dans le centre de production.

Jacigreen est actuellement en phase d'étude de faisabilité. La start-up nigérienne a de grandes ambitions. Le lancement des activités est prévu en début d'année 2018 grâce à une levée de fonds.

Pour mener à bien son projet, elle doit lever 90 millions de francs CFA. Même si elle peine à trouver des investisseurs, elle dit croire en son projet et "compte aller jusqu'au bout".

Une fois fonctionnelle, elle compte collecter dans les trois premières années, plus de cinq mille tonnes de Jacinthe d'eau. L'objectif à court terme, c'est de produire trente mille sacs d'engrais qu'elle veut mettre à la disposition des maraichers.

La structure travaille avec des groupes de pêcheurs et des regroupements de femmes et d'agriculteurs.

"Notre vision, c'est de contribuer à l'assainissement de l'environnement, promouvoir une agriculture saine et durable, tout en comblant le déficit énergétique", rappelle Mamane.

 

                                                          BBC

 

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